( 10 mars, 2011 )

plaidoirie de l’ornithorynque

Consigne : choisir un animal. Un couple de cet animal cherche à en faire entrer un troisième dans l’arche de Noé.

                Plaidoirie de l’ornithorynque

« Bonjour, M’sieur Noé. Alors, d’abord, merci de nous avoir sélectionnés, moi et Madame, on vous en est reconnaissants, vraiment, pas question de revenir là-dessus. D’ailleurs, notre premier petit, il portera votre nom, si, si, j’insiste… 

Ce que je veux ? Ben, vous présenter mon vieux pote Alphonse. Voilà, alors je me suis dit : entre nous, on lui trouvera bien une petite place, on n’est pas grands, nous autres… oui, je sais bien, on avait dit deux pas plus, mais avouez qu’un animal comme nous, c’est pas courant ; les autres sont d’un banal : ovipares ou mammifères, nous on est les deux ! Oui, je comprends bien, ça vous ennuie par rapport aux autres. Mais avec son bec de canard, Alphonse, il peut passer pour un oiseau, ou bien, s’il le cache, pour une loutre et puis, tenez, encore mieux : si on se relaie, lui et moi, un dedans et un qui nage, les autres n’y verront que du feu ! Non…

Alors là, vous me gênez, Monsieur Noé, car il y a encore une raison que vous m’obligez à révéler. Approchez-vous un peu, je ne veux pas crier. Je suis impuissant, voilà. Oui, j’avoue, j’ai menti aux tests de sélection. Ben oui, on fonctionne comme ça, nous trois, on est modernes. Bibiche et moi, on s’aime, mais pour la bagatelle, et parce qu’on veut bien des petits, j’appelle toujours mn pote Alphonse. On peut compter sur lui, toujours  prêt ! En somme, moi, je suis la tête et lui les c…

Ah, vous avez le même problème, Monsieur Noé. Ben oui, l’âge… Mais vous comptez sur vos enfants pour repeupler la Terre, pensez que ceux des autres, ils vont crever ! Entre nous, fonder une civilisation sur l’inceste, c’est pas très moral, pour les animaux, passe encore, mais pour vous, la race supérieure… et vous dites que le Créateur vous a promis une place dans le livre saint… si vous le dites… allez, donnant-donnant, je ne dis rien au autres pour ne pas les inciter à la révolte et vous fermez les yeux sur Alphonse.

Allez, viens, mon pote, on te trouver un coin au sec… »

( 6 mars, 2011 )

« C’est en écrivant qu’on devient écriveron »

Raymond Queneau

( 6 mars, 2011 )

Marylin à Minnie

Chère Minnie,

 

            En tant que star formée comme vous dans les grands studios hollywoodiens, je me permets de vous écrire afin de vous donner quelques conseils.

D’abord vestimentaires : qu’est-ce que c’est que cette éternelle robe à pois ? D’abord, les pois, c’est vulgaire, ensuite, une vraie star ne porte pas deux fois de suite la même robe. Et ce chapeau à fleurs… Bien sûr, vous voulez faire populaire, mais le peuple attend du rêve, des paillettes… pas qu’on lui montre sa grand-mère au marché !

Ensuite, ce qui me déplaît encore plus : cet éternel sourire niais qu’on voit sur toutes vos photos. Vous êtes heureuse, dites-vous ? Bon. Mais sachez qu’un air mystérieux et boudeur attire beaucoup plus les hommes. Une femme un peu dépressive a un charme certain…pas quelqu’un qui pleure à torrents, comme vous dans certains de vos films, non ! Mais une femme lointaine, oui, sensuellement lointaine, attire tous les regards.

Enfin, sachez que le public attend de nous des anecdotes, des caprices de stars, de la vie… Et vous qui vivez avec le même compagnon depuis le début ! Vous semblez lisse : aucune enfance difficile, aucun échec sentimental… c’est d’un ennui ! Alors un conseil : commencez une psychothérapie, je vous donnerai des adresses. Et avant tout, teignez-vous en blonde, vous verrez, ça change tout.

Bien à vous,

 

Marylin Monroe

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